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torturaient le cœur des patriotes; le prince de Hambourg, laCruche cassée, la bataille d'Ilermann sont des œuvres roman-tiques animées d’un violent souffle de haine contre Napo-léon.
Enfin la cour de Prusse ouvrit les yeux ; la reine Louise,du fond du royaume où la famille royale était reléguée,écrivit à son père: « Je vois de plus en plus clairement quetout ce qui est arrivé était inévitable ; la Providence prépareun nouvel état de choses ; le monde changera, parce qu’ilest décrépi et qu’il se ravit à lui-même. Nous nous sommesendormis sur les lauriers de Frédéric-le-Grand; nousn’avonspas marché avec le siècle qu’il avait créé, et c’est pour celaqu’il nous dépasse. » Heureusement pour la Prusse, il serencontra des hommes capables de la rétablir et d’affran-chir l'Allemagne avec elle. Il fallait d’abord refaire l’armée:ce fut l’œuvre de Scharnhorst, de Gneisenau et de Boyen.
Seharnhorst commença par abolir la queue et le bâton,fit comprendre que le service militaire était dû par tous lescitoyens et enleva à la noblesse le privilège des chargesd’officiers. C’est à lui que l’on doit l’organisation de lalandwehr et de la landsturm dont on reconnut bientôt lavaleur.
Toutes les réformes militaires furent dictées par un es-prit libéral et capable de réveiller dans les âmes le sen-timent de l’honneur. A la tête de l’administration civile onplaça un énergique patriote, le baron de Stein qui, dès1796, écrivait au prince Louis : « Les gouvernements abso-lus détruisent le caractère du peuple en l’éloignant desaffaires publiques qui sont exclusivement confiées à unearmée d’employés astucieux. » Pour éviter cet abus, il bravales criailleries des bureaucrates et des gentilshommes etopéra la fusion des classes par le moyen d'une représenta-tion nationale. Parmi ses mesures capitales il faut citerl’édit du 9 novembre 1807 qui abolissait le privilège réserv?jusque-là à la noblesse de posséder la propriété foncière,