ROMANTIQUES ET LIBÉRAUX
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universelle, lui qui, à Dresde, avait dit en 1813 à Kœrneret à Arndt :
« Contentez-vous de secouer vos chaînes, l’homme (Na-poléon) est trop grand pour vous, vous ne le briserez pas »,il se vit obligé de prendre des allures patriotiques comme ille fit élégamment dans son Réveil d’Epiménide où le chœurchante :
« Frères, levez-vous pour délivrer le monde! les comètesvous appellent, l’heure est proche, déchirez les liens de latyrannie et secouez-la ! » Lui qui auparavant estimait quela foule, terrible dans l’act i on, devient stupide dans le rai-sonnement, s’écriait : « La voix de Dieu résonne par la voixdu peuple! »
Hélas ! quelle déception devait suivre ! Le maréchal Blü-cher en avait le pressentiment lorsqu’il disait dans untoast : « Ne laissons pas gâter par la plume ce que les glai-ves ont conquis. » Et Blücher, patriote éclairé autantqu’habile général, n’avait-il pas raison de désigner les di-plomates comme « une méchante bande d’animaux fai-néants, un essaim d'écrivassiers » ? D’ailleurs les gens senséset clairvoyants comprenaient qu’il ne sortirait rien de bondu congrès de princes qui se réunissait à Vienne, dans cetteville où la morale était tombée si bas que les enfants richesde douze à treize ans affichaient publiquement leurs maî-tresses. Le 16 janvier 1815, le colonel Nostitz écrivait dansson journal:
« Le congrès n’aura pas d’autre résultat qu’un traficde peuples; ce sera comme après la paix de Lunéville,les lambeaux du pays seront distribués à droite et à gau-che; tout ce qu’ils font ne vaut pas mieux que ce qu’avaitfait Napoléon parce qu’on tourne toujours dans le mêmecercle d’étroit égoïsme. De médiocres ministres exercentune politique démoralisante et sacrifient la nationalité des