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LA SOCIÉTÉ ET LES MŒURS ALLEMANDES
Avec le progrès de l’agriculture, le paysan s'est peu à peucivilisé et a compris son importance dans l’Etat. Il y amême des contrées où le luxe et l’orgueil n’ont fait que detrop grands progrès. Conservateur de sa nature, le paysana gardé les vieilles mœurs, le costume national et le trainde maison d’autrefois ; tandis que les habitants des villess’efforcent de rejeter tout ce qui est provincial, les villageois,éloignés des centres commerciaux, conservent leur dialecte,leur costume et le genre de vie qui caractérise chaque con-trée. Il n’y a pas jusqu’à l’architecture des habitations quine témoigne de la différence des climats ou du respectd’anciennes habitudes; les corps de bâtiments sont très-espacés vers les côtes de la mer Baltique et forment au mi-lieu d’un terrain nu et aride, un rez-de-chaussée où se trouvela chambre d’habitation, qui a le sol pour plancher et uneseule fenêtre; au-dessus s’élève le toit. Au contraire, lamaison du paysan de l’Elbe, du Weser et de l’Ems sedessine avec élégance entre les écuries réservées au bétail;celle du Westphalien est isolée et ne comprend qu’un foyerautour duquel se réunit toute la famille. En Thuringe, cesont des villages formés de maisons à deux étages, garnies ;de nombreuses fenêtres, et si bien entourées de vergers quel’on n’aperçoit à travers les arbres que le toit des maisons |et la pointe du clocher. Si l’habitant du Nord aime à avoir jl’écurie à côté de sa chambre, celui du Sud veut loger au- 1dessus, dût son appartement n’ètre pas très-élevé de plu -fond.
En Hesse, en Franconie, dans les pays rhénans et laSouabe, les chaumières sont à peu près semblables, quoiquechaque pays ait ses coutumes. Là où on cultive la vigne,des treilles tapissent les murs de la maison, exposés ausoleil. De l’autre côté du Danube, les toits avancent davan-tage, les fenêtres sont plus rapprochées, et d’ordinaire unegalerie règne autour de la maison. A mesure que l’on serapproche des Alpes, le toit s’aplatit et ses bardeaux légers