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La société et les moeurs allemandes / traduit de l'allemand du Dr. Johannes Scherr avec l'autorisation de l'auteur par Victor Tissot
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LA. SOCIÉTÉ ET LES MŒURS ALLEMANDES

10 suicides; en 1827 ce chiffre était déjà de 60. La foliea fait à peu près les mêmes progrès.

. Pour les jeunes filles prolétaires, elles sont, pour ainsidire, fatalement vouées à la prostitution. L’argent desriches débauchés achète les premières faveurs de ces mal-heureuses qui, bientôt abandonnées par le suborneur, tom-bent de chute à chute dans l’état le plus misérable. Dansbeaucoup de cantons le nombre des enfants naturels est det sur 6, 1 sur 5, 1 sur 4.

C’est à Munich que le scandale est le plus grand ; il yavait dans cette ville en 1830 une femme qui avait mis aumonde 24 enfants naturels; dans une seule maison, lestrois sœurs en avaient eu jusqu’à 45. De 1854 à 1864 sur49,512 naissances, on en compte 23,714 d’illégitimes, c’est-à-dire environ la moitié,

D’après les statisques de la police de Berlin, cette villerenfermait en 1846 10,000 femmes prostituées et 18,000bonnes dont le quart au moins, sans se livrer ouvertementà la prostitution, menait une vie déréglée. U y avait2,000 bâtards sur 10,000 naissances et le nombre des ma-lades syphilitiques s’élevait à 10,000 par an.

Un seul trait suffira pour caractériser l’état moral des Ber-linois. Un jeune médecin logeait dernièrement chez unefamille de modestes ouvriers dont la fille aînée avait l’àgede la confirmation. Mais ces pauvres gens n’avaient pas dequoi acheter la toilette nécesssaire pour cette cérémonieimportante. Comme le jeune médecin venait de toucher unchèque, il se fit un plaisir de faire ce cadeau à ses hôtes :filles et parents l’en remercièrent les larmes aux yeux.Mais quelle ne fut pas sa surprise lorsqu’en rentrant le soirde ce grand jour, il trouva la jeune vierge couchée dans sonlit en toilette de nuit. Tout ému, il appelle la mère qui luiavoue que c’est par reconnaissance qu’on a voulu lui offrirles prémices d’une vertu qu’il sera d’ailleurs impossible dedéfendre contre les tentations.