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LA SOCIÉTÉ ET LES MŒURS ALLEMANDES
compensent. Un malheur arrivé le 30 septembre 1852 nousoffre une preuve de l’esprit de sacrifice et d’héroïsme qui serencontre partois chez les ouvriers. Quatre frères travail-laient ensemble dans les mines de Leimnitz, près de Hofen(Bavière). L’un d’eux, le plus âgé, ayant laissé tomber salampe dans un puits où l’on ne pouvait pénétrer qu’enhiver, y descend pour la ramasser et tombe asphyxié. Lesecond de ses frères descend pour le sauver et subit lemême sort. Cela n’arrête point les deux autres qui aimentmieux mourir que de survivre à leurs aînés et descendentdans le puits, malgré les objurgations de la foule.
La réaction contre l’esprit du dix-huitième siècle qui apour organes en France les trois écrivains catholiques deBonald, Chateaubriand et Joseph de Maistre, a inspiré cheznous l’école romantique. Cette école a été une protestationcontre l’excès d’idéal de l’hellénisme classique et en mêmetemps contre le dogmatisme étroit et sec de la religion pro-testante qui ne donne aucune satisfaction aux sentimentsdu cœur. Née dans l’Allemagne du Nord elle a eu ses parti-sans surtout dans le Sud, Pendant la Restauration, la vieallemande prit une nuance catholico-romantique, et les jé-suites exercèrent de nouveau leur influence sur les familles.
Aussil’ultramontanismes’afficha-t-ilavec plus de hardiesseque jamais; Gœrres, l’ex-bouffon du jacobinisme, put im-punément prêcher, à Munich, une doctrine fanatique qui,au siècle précédent, eût soulevé contre lui protestants etcatholiques.
Le roi Louis de Bavière laissait élever cent trente-deuxcouvents et favorisait le romanisme au point d’étonnerMetternichlui-même. Aussi vit-on bientôt des prodiges;une religieuse de Dülmen en Westphalie reproduisit surson corps les plaies du Sauveur; une autre, Maria de Moerl,qui vivait de l’air à Kaldern en Tyrol, fut sacrifiée par ses