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La société et les moeurs allemandes / traduit de l'allemand du Dr. Johannes Scherr avec l'autorisation de l'auteur par Victor Tissot
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OMBRE ET LUMIÈRE

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frères, à l’exemple du Christ, mais elle ne ressuscita pascomme lui.

De 1830 à 1840 s’éleva la sotte question des mariagesmixtes que les Allemands eurent le tort de prendre au sé-rieux et qui eût excité la risée de nos pères. Par suitede la pitoyable défection du gouvernement prussien, ellefut résolue en faveur de Rome. Il faut même avouer quedans cette discussion, blessante pour le sentiment national,l’ultramontanisme montra plus de vigueur d’intelligenceque ses adversaires : aucune des polémiques protestantesne s’éleva à la hauteur de 1 ’Athanase, pamphlet de Gœrres,qui venait de fonder à Munich le journal les Feuilles histo-riques et politiques, organe principal des doctrines de Rome.

Jamais la faiblesse et l’insuffisance du luthéranisme n’a-vaient éclaté d’une façon plus désolante que dans cettelutte contre le catholicisme qui avait pour lui, du moins,d’être logique et conséquent. Assuré de la victoire, iltriompha avec orgueil, et les Jésuites affichèrent en Suissela prétention de ruiner la Confédération. Il faut lire lessermons qu’ils prononçaient alors dans les cantons desGrisons : ils sont remplis d’allusions aux rapports sexuels,ils ravalent la divinité au niveau de leurs propres pas-sions. Ainsi le père Burgstaller, prêchant à Sursée, com-parait Dieu à un chien enragé prêt à s’élancer avec fureursur les hommes et à les mordre. Pour se préserver de sesatteintes, les paysans de Lucerne et d’Unterwald devrontrecourir aux ecclésiastiques préposés par l’Église à leurdéfense et surtout aux pères Jésuites. Les atrocités commi-ses par le vicaire Rollfuss avec lës religieuses d’un couventde Schwitz et les relations du curé Roellin avec ThérèseStaedli à Zng, font connaître une inconduite scandaleuse.

Par une sorte d’émulation jalouse, le piétisme se livrait,de son côté, à des excès semblables. On sait qu’il a pour