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LA SOCIÉTÉ ET LES MŒURS ALLEMANDES
principe fondamental la vieille théologie sanguinaire deMoloch, à laquelle s’ajouta dans l’antiquité le culte de lavolupté : chez les Phéniciens, le temple de l’Aschera-Der-keto s’élevait à côté de celui de Baal-Moloch. De même,chez les ■paisibles du pays, la luxure s’allie à la soif du sang;ils acceptent toutes les superstitions qui régnaient à l’épo-que des procès de sortilèges : le diable, la réprobation com-plète de la nature humaine par le péché originel, la malé-diction divine étendue jusque sur les êtres inanimés, laterre et l’homme ne pouvant se réconcilier avec Dieu quepar des sacrifices de sang, les fonctions sexuelles éle-vées au rang d’actes du service divin, la condamnation desjoies et plaisirs du monde, la haine fanatique contre tousceux qui ne sont pas en état de grâce, haine voilée sous lemasque doucereux et les grimaces de la dévotion, l’enferavec ses flammes éternelles, enfin le servilisme le plus ab-ject devant les puissances, tels sont les enseignements queles apôtres du piétisme prêchèrent à l’Allemagne, que l’onprôna dans les Universités et les séminaires comme l’ali-ment le plus sain dont pût se nourrir la jeunesse.
Au séminaire des instituteurs de Calsrhue, voici la topo-graphie de l’enfer que l’on dictait :
« L’intérieur du globe terrestre est creux et sert de de-meure aux damnés. » Comme la raison pourrait objecterque la terre n’ayant qu’un diamètre de 1720 milles, et lenombre des élus, d’après l’Écriture, étant fort restreint, ilest impossible que tous les damnés logent là dedans, onrépond à l'objection de la façon suivante :
« Les âmes peuvent entrer l’une dans l’autre comme fontles grandes boites dans les petites et par là, selon la sagessede Dieu, elles subissent des tourments infiniment plusgrands. » Les catholiques ne restèrent pas en arrière : l’évê-que de Munich, à propos du miracle dont on célébré chaqueannée l’anniversaire à Deggendorf, n’hésite pas à affirmerque Dieu conserva intactes des hosties consacrées que les