Buch 
La société et les moeurs allemandes / traduit de l'allemand du Dr. Johannes Scherr avec l'autorisation de l'auteur par Victor Tissot
Entstehung
Seite
455
JPEG-Download
 

OMBRE ET LUMIERE

455

par milliers ont cru aux oracles des tables tournantes etdes esprits frappeurs. La science elle-même a prêté lamain à cette fourberie, et le docteur Richter, dans uneconférence de 1852, soutint que le refroidissement del’écorce terrestre provenait de la multiplication despéchés.

Un autre docteur, le directeur de gymase Tauscher, fit àStuttgard, le 24 janvier 1866, une conférence où il prétenditque le Nathan de Lessing était un ouvrage pitoyable aupoint de vue scientifique, esthétique et moral.

Après 1848, la réaction politique et religieuse s’est jetéeavec fureur sur l’instruction primaire. Grâce à la méthode dePestalozzi, nos écoles populaires étaient devenues bien supé-rieures à celles des États voisins. En même temps, ob fondaitdes séminaires pour les maîtres et des écoles d'instructionobligatoire. Il n’y a qu’à consulter la statistique pour jugerdes progrès qu’avait faits l’enseignement. En 1851, la Prussepossédait 24,201 écoles populaires, 30,804 instituteurs et2,543,062 élèves; les écoles bourgeoises étaient au nombrede 505, avec 2,269 maîtres et 69,302 élèves. Il y avait117 gymnases avec 1,664 maîtres et 29,374 élèves, 46 sémi-naires d’instituteurs avec 2,411 élèves et 7 universités avec4,306 étudiants. Afin de mieux apprécier les services renduspar les écoles populaires, il faut comparer le nombre desjeunes gens lettrés ou illettrés dans les divers États de l’Eu-rope : en 1864, sur 1,000 recrues, il y avait en Angleterre239 jeunes gens qui ne savaient ni lire ni écrire ; en France,318 étaient dans le même cas, de 1855 à 1859. En 1864, cechiffre s’élevait à 27 pour 100, tandis qu’il n’est que de4 pour 100 dans les États confédérés de l’Allemagne, ycompris la Prusse. Il est en Autriche de 19, en Russie de41, en Espagne, de 38, en Portugal de 29, en Italie de 31,