OMBRE ET LUMIÈRE
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pour conquérir son autonomie. Plus modeste, le protestan-tisme se contente de prêter docilement la main au despo-tisme des monarchies.
Une des tendances les plus marquées de notre époqueest celle qu’ont les hommes à se grouper en associations;nous en avons de toutes sortes, depuis l’union des douanes,jusqu’à l’union des cercueils ( Sargbesorgungsverein ) ; maisnous sommes inondés surtout de confréries ou commu-nautés religieuses. C’est un hommage involontaire que l’onrend ainsi à la force démocratique qui pénètre notre étatsocial, refoule les personnalités et met en mouvement l’es-prit des masses. Les réactionnaires, qui en 1848-1849 s’u-nirent enconfédêration fidèle, ne se doutaient pas qu’ilssingeaient ainsi les formes de l’idée démocratique, dont ilsétaient les ennemis acharnés.
Il est certain qu’il y a dans toutes ces assiociations beau-coup de vaine gloriole, comme dans la manie d’élever par-tout des monuments; toutefois, nous devons de la recon-naissance à cette dernière, parce qu’elle rapproche dupeupleles grands hommes dont les statues ornent nos places pu-bliques. Enfin l’idée d’association développée dans desétudes spéciales et avec une méthode logique par Rau,Roscher et Stein, est devenue un des plus puissants agentsde notre économie sociale; des associations ouvrières, descaisses populaires, des sociétés de consommation tendentà améliorer le sort des masses et à adoucir la lutte entrela bourgeoisie et le prolétariat. On a même voulu en fairesortir une refonte de la société basée sur le socialisme com-muniste ; un célèbre agitateur, Lassalle, a affiché la prétentionde transformer la société en une gigantesque caserne ou-vrière. Ce nouveau prophète, qui n’a jamais connu le besoirni gagné son pain par le travail de chaque jour, à qui5,000 thalers ne suffisaient pas pour son entretien et qui
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