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LA SOCIÉTÉ ET LES MŒURS ALLEMANDES
s’est ruiné à la fin dans un ignoble commerce, préconise unsystème qui n’a rien d’idéal. Aussi dépourvu d’intelligenceque de conscience et de moralité, dévoré par l’orgueil etne cherchant qu’à faire le plus de bruit possible autour deson nom, il n’a spéculé que sur les instincts égoïstes et basde l’humanité ; aussi n’est-il parvenu qu’à favoriser l’envie,le matérialisme brutal, la paresse et la rapacité. Son sys-tème n’est qu’un fils bâtard et dégénéré de celui qu’avaitprêché l’excellent Fourier.
Suivant les besoins de leur politique, les puissances ré-gnantes ont encouragé ou persécuté les socialistes sans au-cune bonne foi. Tantôt elles semblent flatter le fantômerouge pour faire croire aux bourgeois que l’on peut se pas-ser d’eux, tantôt elles présentent cet épouvantail sous lesdehors les plus repoussants, afin d’agir par la terreursur les masses et de les pousser à se réfugier sous la pro-tection du trône et de l’autel. Quoi qu’il en soit, lalutte devient chaque jour plus imminente entre le capitalet le travail et c’est une pure illusion de croire qu’ellepeut recevoir une solution pacifique. Tôt ou tard son-nera l’heure du combat entre ces deux principes rrivaux ;il est probable que le capital finira par l’emporte commeil est toujours arrivé depuis que le monde existe ; peut-être que la guerre se terminera par une paix boiteuse, parun compromis qui accordera au travail un semblant dedroit égal à celui de l’argent. De quelque façon que l’affairese décide, ce compromis n’aura pas en Allemagne la formedu communisme et notre peuple ne consentira pas à secondamner lui-même aux travaux forcés à perpétuité. De-puis trente ans le travail et le capital allemand ont fait degrandes choses et, ces deux forces réunies ont largementcontribué à l’amélioration du bien-être général. C’est doncpar leur alliance et non par leur rivalité que nous pouvonsespérer de sortir de notre état encore sombre et attristé etde parvenir à une région plus sereine. De nobles efforts ont