OMBRE ET LUMIERE
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été tentés dans ce sens depuis 1830. Avant tout, il faut nousreporter au système philosophique de Hegel (né à Stuttgarden 1770, mort à Berlin en 1831) qui domine chez nous toutela philosophie spéculative. Ce philosophe, ne séparantpoint l’idée de l'être, affirme que Dieu, la nature et l’hommene font qu’un, sans qu’aucun des trois termes existe parlui-même et soit distinct des deux autres. Cet idéalismeabsolu, développé avec une méthode sévère et une logiqueinflexible, présente le système complet du monde de l’es-prit.
Il rend au dix-neuvième siècle le même service que laphilosophie de Kant au siècle précédent; il résume la pé-riode de civilisation et contient en germe le développementde l’âge futur. C’est à cette théorie que la critique modernea emprunté ses armes pour battre en brèche le romantisme.
Il n’en est pas moins vrai que Hegel, comme tous les grandsesprits, a payé tribut'aux idées de son temps; la politiquede la Restauration a pesé sur lui et il lui a emprunté quel-ques-unes des parties de son système qui regardent le côtépratique de la vie. Son fameux axiome tout ce qui est est rai-sonnable et toutes qui est raisonnable est, le range parmi les par-tisans de la politique royale prussienne. Dans son introduc-tion de 1821 à la Philosophie du droit, il ne recula pas de-vant la honte de l'apostasie, il se mit résolûment du côtéde ceux qui persécutaient les patriotes Kamptz, Schmalz etet Tzschoppe, il défendit les infâmes décrets de Carlsbad etfit l’office d’un dénonciateur, d’un suppôt de la police.
Aussi la théologie s’empressa-t-elle d’exploiter à son profitsa déclaration ambigüe que le christianisme est une reli-gion absolue. Nul n’a mieux fait ressortir la faiblesse et lescontradictions de l’Hegelianisme que le philosophe ArthurSchopenhauer (1788-1860) qui professa la doctrine du dé-sespoir, fit consister l’idée philosophique dans une sorte denihilisme, etle suprême bonheur dans le « Nirwana » boud-dhiste.