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La société et les moeurs allemandes / traduit de l'allemand du Dr. Johannes Scherr avec l'autorisation de l'auteur par Victor Tissot
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OMBRE ET LUMIÈRE

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Laubé, à côté de Heine, chantaient ce qu’on a appelé« l’émancipation de la chair. »

Parmi les genres que la jeune Allemagne cultiva avec leplus de prédilection, il faut placer la Nouvelle sociale que lesfemmes surtout adoptèrent et qui tient une large place,sinon dans la littérature, du moins dans les cabinets delecture. Du reste il faut ajouter que la plupart de ces jeunesgens, après avoir jeté leur gourme, sont devenus bien vitede vieux conseillers de cour. Laube écrivit plus tard d’assezbons romans historiques et quelques pièces de théâtreestimables. Le seul qui ait été vraiment créateur, c’estKarl Gutzkow, le plus beau talent de cette école.

La poésie lyrique allemande a répandu depuis 1830 les fleursles plus riches et les plus variées. Interprète admirable de lanature, Lenau, dans ses mélancoliques harmonies, est unrossignol qui gémit sur les douleurs d’une âme incomprise;l’Autrichien Grünn est plutôt une alouette qui sonne, lematin, sa joyeuse fanfare pour la liberté; Freiligrath sedistingue par l’imagination et l’originalité, qualités queSealsfield portait à la même époque dans notre poésieromanesque. Les accents libéraux s’accentuent de plus enplus vers 1840 avec Herwegh et Hoffmann de Fallersleben ;Geibel, au contraire, voua sa cause au culte de l’Église et dela royauté.

En regard de la nouvelle sociale, fort poétique mais un peutrop maladive, on cultiva l’histoire villageoise, d’une énergieplus vigoureuse et plus saine. Berthold Auerbach et Jéré-mias Gotthelf y brillent au premier rang; pourtant la plusbelle de ces histoires de village est due à Gottfried Relier[Roméo et Juliette du village), le poète le plus original et leplus indépendant que la Suisse ait donné depuis longtempsà la littérature allemande. Grillparzer, vers le même temps,composaient ses trois magnifiques tragédies : Sapho, Médée,Héro, qui le classent parmi les meilleurs poètes de l’Europeau dix-neuvième siècle. Les ouvrages de Halm, de Hebbel

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