Histoire Du caféier
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Kuproli, à Constantinople, revint sur son opiniondéfavorable à l’endroit du café. S’étant assuré par lui-même que les cafés de cette ville n’étaient point dan-gereux pour sa politique, il laissa aux Musulmans lelibre usage de la boisson qu'auparavant il prohibaitsi énergiquement. Soliman-le-Grand approuva cettemanière de voir '.
En 1534, on comptait un grand nombre de cafésdans la capitale de l’empire du Croissant ; supprimésde nouveau un instant, ils reparurent plus nombreux,toujours remplis d’amateurs, soit pour jouer auxéchecs, soit pour admirer la légèreté des aimées, desgharvabiés, danseuses ou courtisanes, soit pour écou-ter les contes merveilleux des mille et une nuits. Lapolitique s’y glissait peut-être encore, mais on secontentait de parler à demi-voix, et ces conversationstimides ne portaient pas ombrage au gouvernementsoupçonneux des Sultans.
En Perse, dans les audiences solennelles, le Schahest entouré do ses officiers, parmi lesquels on remar-que le Kahvedjibachi ou verse-café.
On dit que les Turcs, qui professent une si hauteestime pour le café, prennent l’engagement, lors-qu’ils se marient, de ne laisser jamais manquer decafé la femme qu’ils épousent. C’est peut-être plusprudent, fait remarquer Fulbert de Monteilh, que delui jurer lidélité.
La narration des faits ci-dessus relatés varie sui-vant les auteurs. Nous n’y avons pas attaché grandeimportance, nous contentant de signaler la lutte quia existé pendant plusieurs années au sujet du cafédans l’empire Ottoman.
1. Cf. Pichevili, historiographe des règnes des sultans deConstantinople, de Soliman II à Amurath IV.