HISTOIRE tlU CAFEIER
16
§ 2. — Introduction du café en France, cafés turcs,français, anglais, hollandais, arabes.
Une si agréable boisson ne pouvait pas rester long-temps le privilège exclusif des fils de Mahomet. Deproche en proche, l'usage s’en établit dans la partieoccidentale de l’Europe. En 1596, Bellus envoya aubotaniste de Lécluse des graines dont les Egyptiens seservaient pour faire une liqueur qu’ils appelaientcavé. En 1615, le café fait son apparition à Venise.La Grèce, l’archipel et l’Asie Mineure le connaissaientdéjà. On le trouve en usage en Italie en 1645, et versla même époque, la ville commerçante de Marseilleavait reçu des échantillons de café. D'après Taver-nier, il était connu dans l’Inde en 1644.
La réputation du café n’avait encore à cette dateque commencé à pénétrer à Londres et encore à titrede rareté. Le chancelier Bacon, mort en 1626, enparle ainsi : « Les Turcs ont une sorte d'herbe qu'ils« appellent café, qu'ils font sécher et mettent en« poudre pour la hoire dans de l’eau chaude. Ils di-a sent qu’elle leur donne du courage et de la vigueur« d’esprit, mais qu’étant prise en trop grande quan-« tité, elle le trouble, ce qui fait connaître qu’elle est« de la nature des remèdes somnifères 1 ».
1. Sylvæ sylvarum sive historia naturalis, centuria VIII, n"728 : « Turcis in usu est potus quem vocant coffa, ex bacca no-« mine quæ nigricat instar fuliginis et acri neque aromatica« odore est. 111a in pulverem redacta, ab ipsis sumitur in« aqua sic calente ut haustiun admittat. Et polu utentur in« suis taberuis (quæ vocantur coffa bouses). Corrobantes cere-« brum et cor, digestionemque juvante. Bacca sanè lioec coffa..« Turcis usitatissimutn, quod metum tollere putant, conden-« saut spiritus, validos illos hilaresque redduut".