HISTOIRE DU CAFÉIER
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« l'élégance des cafés de Damas. O11 ne voit jamais« un négociant respectable dans ces cafés, mais ceux« de la troisième classe, et les marins en font leur« refugeconstant. Chacun en choisit un où il rencontre« les personnes qui ont affaire à lui h Il n'est pas« dans l’Yémen une seule bourgade, un seul hameau« où l’on ne trouve sur une simple hutte ces mots : ca-« bane où l’on prend du café ».
Un arabe qui trompe ses créanciers en se rendantcoupable de mauvaise foi, peut échapper à ta censurepublique, mais il serait couvert d'infamie si l’onsavait qu'il a essayé (le frustrer le garçon de calé dece qui lui est dû. Les Turcs ont fait à cet égard toutce qui leur a été possible pour augmenter le méprisque les Arabes ont pour eux. Je n'ai jamais vu, dansles cafés de l’Hedjaz, de ces conteurs d'histoires quisont si communs en Egypte, et plus encore en Syrie.On y joue généralement au Mongol et au Dama,espèce de jeu de dames, un peu différent de celui desEuropéens, mais, dit Burkhardt, je n'ai jamais vujouer aux échecs dans l'Iledjaz, quoique j'ai entendudire que c’est une chose assez commune, et quesurtout les shérifs les aiment beaucoup.
Près de la plupart des cafés se tient un homme quivend de l’eau dans de petites craches parfumées.
Suivant M. Eyriès, traducteur de Burkhardt, lesOrientaux boivent de l'eau avant le café, mais jamaisaprès en avoir pris (ce qui u'a pas lieu partout). Unefois en Syrie, dit le voyageur, je fus reconnu pour unétranger ou Européen, parceque j’avais demandé del’eau au moment où je venais de boire du café. « Si
1. Voyage dans l'Arabie Heureuse, trad. Eyriès. C’est ce querapporte Thévenot cité plus haut.