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HISTOIRE DU CAFÉIER
« tu Étais do ce pays, me dit le garçon, tu 11 e gâterais« pas le goût du café dans ta bouche, en l’enlevant« avec de l'eau ».
Du temps de la Roque dont il a déjà été parlé(xvii c siècle) on donnait comme pourboire l’argentdu café, cahvehabatchi.
On joue aux cartes dans presque tous les cafésarabes, quoique le Coran interdise formellementtous jeux de hasard. On fait usage de petites carteschinoises.
A l’époque où le chevalier Chardin visitait laPerse *, des cafés à Ispahan étaient les plus beauxendroits de la ville. Les salles étaient resplendissantes,mais la morale y était fort peu respectée; un agentdes mœurs y aurait fait de nombreuses captures.Souvent un Mollah ou un Derviche s'installaient aumilieu ou à l’extrémité d’une pièce, et là ils faisaientdes discours sur la vanité des choses humaines etautres sujets religieux. On les tolérait, mais on nemettait guère en pratique leurs sages recommanda-tions. Chose étonnante, si l’on en croit le voyageurAucher Eloy, il n'existe pas actuellement en Perse unendroit public semblable aux cafés de Constanti-nople.
Pour terminer ce chapitre de l’histoire du café,nous croyons devoir transcrire ici le tableau que lejudicieux historien Michelet fait des établissementsoù l’on allait prendre cette boisson à Paris pendantla régence.
« Paris devint un grand café. »
Jamais la France ne causa plus et mieux. Il y avaitmoins d’éloquence et de rhétorique qu’en 89. Rous-
1. Voyage en Perse, 1673, vol. 2, p. 281.