HISTOIRE DU CAFÉIER
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Procopio Cultelli ou Cotelli, dans la rue des Fossés-Saint-Germain, en face de la Comédie française. Aprèsaivoir débité sa liqucuren plein vent, Procoperemplaçasa tente par une boutique, et grâce au salut que luibit le Roi, il vit affluer chez lui « et la cour et la ville ».11 remplaça bientôt cette boutique par une fort bellemaison. Là, dans des salons ornés de glaces etélégamment décorés, se réunissaient les personnagesles plus célèbres dans la littérature, les auteursdramatiques, etc.
Parmi les plus fervents assidus, on voit l’auteur du« Siège de Calais », de Belloy ; Lemiorre, auteurd’Artaxerce, Crébillon, J.-R. Rousseau, Pirou, Diderot,La Chaussée, Foutenelle, S lc -Foix, l'abbé de Voisenon,Voltaire et bien d’autres. Tous les sujets de conversa-tion étaient traités dans ce café, où le café lui-mêmen’était qu’un prétexte. C’était un véritable salonlittéraire.
Un autre café fut fondé en 1718, rue Saint-Honoré,en facedu Palais Royal, etappelé « Café de la Régence»parceque le régent habitait dans le voisinage. Lesseigneurs s’y donnaient rendez-vous après lui avoirfait leur cour. Les amateurs d’échecs étaient toujourssûrs d'y rencontrer quelqu'un avec qui engager unepartie. Voltaire et ses amis donnèrent la vogue a cecafé qui vit bien souvent J.-J. Rousseau, le duc deRichelieu, le maréchal de Saxe, Buffon, Rivarol,Foutenelle, Franklin. Marmontel et I’hilidor y jouèrentà leur jeu favori, les échecs ; Diderot raconte dans sesmémoires que sa femme lui donnait tous les joursneuf sous pour y prendre son café. Il travailla danscet établissement à son encyclopédie.
L’auteur du dictionnaire du commerce, qui écrivaiten 1741, rapporte que les dames faisaient arrêter leur