HISTOIRE DU CAFÉIER
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sent au sommet d’une colline, tantôt vous lancent aufond d'un ravin, bientôt les sons d'une flûte cham-pêtre, les modulations du Djouiuak trahiront unefraîche et paisible retraite, un café rustique, qu'à safaçade perçée de larges ouvertures il est aisé de re-connaître. Rien n’égale à mes yeux, le charme de cespetites fabriques jetées ça et là aux bords d'un ruis-seau, blotties sous un épais feuillage, et sans cesseanimée par le départ ou la venue des cultivateurs duquartier.
Quelques vieux maures des campagnes voisines,fuyant le bruit de la cité, sont les habitués fidèles deces agréables asiles. Ils s’y installent dès l'aurore,et savent égayer tous les instants de la journée, pardes récits de voyages, des aventures de jeunesse,et des légendes dont leur imagination fait tous lesfrais. »
On lira avec intérêt la description que fait M. LéonMichel des cafés de Tunisie.
§ 4. Le café inspirateur. Cafés dans les colonies
Le café a inspiré la verve de plus d'un poète, d’unmusicien ou d’un peintre b Nous avons déjà cité plu-sieurs auteurs et poètes qui ont chanté ce breuvage.L’auteur des Etudes de la nature, Bernadin de S l -Pitrre, a donné au public un écrit aussi élégant quespirituel, qu'il a intitulé le café de Surate. Imbu desidées déistes de J.-J. Rousseau, il a essayé de prou-ver que la raison suprême, Dieu, était et devait êtreau dessus de toute forme de culte et d’adoration.
Le Comte Tolstoï, cet écrivain Russe, dont les livres
1. Voir l’index bibliographique.