PROSPECTUS. 9
Deux Rois surnommés su n & l’autre les Bienfaisans , également amateurs dessciences, Sçavans eux-mêmes & vrais Philosophes, nous ont donné dans ces tempsdes marques de la faveur la plus signalée ; la mort nous les a enlevé avec son glaivemeurtrier qui n’épargne personne, & a privé les humains du bonheur* de les pos-séder plus long-temps; Cherche-moi, me dit un jour un de ces Souverains, avec fabonté paternelle , ( le Roi de Pologne Duc de Lorraine ) une plante qui donne del’or à mes Sujets. Quelle parole dans la bouche d’un Roi ! elle nous est toujours pré-sente , auísi la mémoire de ce Souverain nous fera toujours infiniment chere.
Sa Majesté Frédéric d’Oldembourg V, Roi de Dannemarck & de Norv/ege,
( c’étoit l’autre Souverain ) n’a jamais passé un instant de fa vie fans quelquesnouvelles faveurs accordées aux Sçavans & aux Artistes ; il avoir pour Ministre unsecond Colbert. ( M. le Baron de Bernsdorff) Ce Ministre ne négligeoit aucuneoccasion parmi celles qui se présentoient pour faire fleurir les sciences & les arts ;
& fi M. le Président Hénault , en parlant du régné de Louis XIV, a si fortexalté la lettre de M Colbert, qui annonçoit à un Sçavant étranger une gratifica-tion de la part du Roi son maître, nous croirions manquer à la reconnoiflàncede pafler fous silence celle dont M. le Baron de Bernfdorff nous a bien voulu hono-rer , auflì l’avons-nous publié toute entiere dans le sixième volume de notre TraiteHïjloriqué clés Fiantes de la Lorraine.
U n Prince qui fait encore actuellement le bonheur de ses Sujets, ( Son AltesseElectorale Charles - Théodore de Sulrzback , Electeur Palatin) connu dans toutel’Europe par la protection qu’il accorde aux Sçavans & par l’aíyle qu’il leur donnedans íes Etats, a bien voulu auísi coopérer aux frais des planches de notre TraitéjBìJìorique des Plantes de la Lorraine. Plusieurs Dames de la premiere distinction ,plusieurs Seigneurs ík différentes personnes zélées pour le bien de l’humanité , íefont offerts pour la plupart généreusement k nous' secourir pour l’impreísion & lesplanches de cet ouvrage, il ne concernoit pourtant qu’u ne province particulière ,qui n’est presque qu’un point, eu égard à tout sunivers ; que n’avons-nousdonc pas à espérer pour un ouvrage général comme celui-ci? Nous voudrionspouvoir marquer dans cette unafion umibion "mre cœur a été sensible à tant debienfaits ; qup n’avons noue l’plnqnpncc do p Orateur de la Grece. Oui, si nousavons jamais pu parvenir au point où nous sommes actuellement , íì nousavons fait quelques progrès dans la connoisi'ance des plantes , si nous avons pumériter d’avoir part h la faveur du Public, si nous avons trouvé quelqu’occaíìonde pouvoir nous rendre utiles à nos semblables, fi enfin nous avons pu travailleraux différentes branches de la science naturelle & économique, à qui en sommes-
nous redevables , sinon à ceux qui nous ont encouragés dans nos travaux ,
qui ont soutenu notre zele dans toutes les peines que nous avons eues à essuyer,
qui ont même en quelque façon confondu nos ennemis par les faveurs dont
nous avons été comblés de leur part ; venez donc , grand Démosthene , venezà notre secours, prêtez-nous votre plume, que nous puissions publier par toute laterre notre reconnoissance ! Mais non, tous les plus beaux traits de l’éloquencene sont souvent qu’extérieurs & passagers , & notre gratitude est intérieure , ellefera éternelle ; que nos anciens Mécènes nous permettent néanmoins de leur deman-der une nouvelle saveur, c’est d’élever dans cet Ouvrage , à leur bienfaisance , leíëul monument dont nous soyons capables, en leur dédiant à chacun une plancheparmi celles qui doivent y entrer ; pour leur exprimer autrement les fentimensde reconnoissance , donc nous sommes actuellement pénétrés, il nous est impossible,ils sont trop vifs, nous sommes obligés de nous taire j nous en donnons néan-moins pour interprètes, & fans contredit ce font les meilleurs, notre application ¬re zele pour le bien de l’humanité.
Pour pousser auísi loin qu’il nous fera possible les gravures de cet Ouvrage, &pour le rendre le plus complet que faire se pourra , nous invitons les Amateursde continuer h être nos Mécènes dans une entreprise aussi dispendieuse qu’estcelle-ci, en contribuant aux frais de quelques-unes des planches qui doivent yentrer ; Morison , en Angleterre , a trouvé du secours dans ses Compatriotes pourson Traité général des Plantes; Michieli , en Toscane, pour ses Nouveaux Genresde Champignons; M. d’Argenville, en France, pour ses Traités de Conchyologie& d’Oryctologie , & nous , en Lorraine , pour notre Histoire des Végétauxde cette Province; que n’avons-nous donc pas à espérer de tant de personnesTome L, C