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Journal d'un officier d'ordonnance : Juillet 1870 - Février 1871 / par le Comte d'Hérisson
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DE NEW-YORK A PARIS.

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enfermée clans un couvent, elle prie ce Dieu quisest montré si cruel pour eux tous.

Nous eûmes toutes les peines du monde à obtenirpour le suicidé les prières de lÉglise catholique. Lecuré de léglise Saint-Mathews nouvrit au cadavre lesportes de la paroisse quavec lautorisation expresse dugrand-vicaire de Baltimore, suppléant son évêque alorsà Rome pour le Concile. Il prononça sur le cercueilune touchante oraison funèbre, dont le passage sui-vant fut très remarqué et très reproduit:

« Quelque extraordinaire, quelque peu chrétienneet même antichrétienne que paraisse la manière dontcette existence terrestre a été terminée, quelles quepuissent être les diverses opinions du monde à cetégard, et particulièrement à légard des sentimentsmoraux et religieux du défunt au moment terrible a fini sa vie, souvenons-nous quil ne nous appar-tient pas de porter un jugement sur cette affaire.

« Nul homme et nulle classe dhommes nont ledroit de juger leur semblable après quil a quitté cettevie.

« LÉglise elle-même, choisie par le Christ pourexpliquer ses doctrines et ses préceptes, pour veillersur ses institutions sacrées, ne prend pas sur elle decondamner une âme qui a pris son vol vers un autremonde, parce que son autorité ministérielle nesétend pas au delà de la tombe. »

Le lendemain des obsèques, les journaux annon-çaient la déclaration officielle de guerre entre laFrance et lAllenjagne. Je navais plus rien à faire en