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Journal d'un officier d'ordonnance : Juillet 1870 - Février 1871 / par le Comte d'Hérisson
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B JOURNAL D'UN OFFICIER DORDONNANCE.

Amérique et je courus à New-York retenir une cabinesur le premier paquebot en partance. Il appartenait àla Compagnie Cunard.

Pendant les. quelques heures qui précédèrent ledépart, je pus constater que Prévost-Paradol navaitpas exagéré les sentiments antifrançais du peupleaméricain. Dans les bars, dans les rues, sur les places,dans les maisons de commerce, partout des manifes-tations éclataient en faveur de rAllemagne.il fallait setenir à quatre pour ne pas faire le coup de poing, etje me souviens que, furieux, exaspéré, je passai dansla solitude de ma cabine les derniers moments demon séjour aux États-Unis. Hélas, je retrouvai sur lepaquebot les mêmes dispositions morales. Toutes lesplaces étaient encombrées dAllemands qui rega-gnaient larmée. Javais des démangeaisons de com-mencer les hostilités à moi tout seul, et ces dix joursde mer nont été quun long énervement. Nous avionsà bord un général américain, M. Burnside, qui serendait à létat-major allemand afln de suivre lesopérations militaires, en curieux, en amateur, poursinstruire et voir la grande guerre. Il avait lui-mêmeune certaine réputation militaire acquise pendant laguerre de Sécession. Il y avait encore le major Kodo-lisch, un Autrichien qui, plus tard, devait attirerlattention publique en France, comme attaché mili-taire à lambassade de son pays.

Par exemple, en arrivant' en Irlande, le spectaclechangea et jeus le ravissement de trouver enfin desgens qui aimaient la France. A üneenstown dabord,