B JOURNAL D'UN OFFICIER D’ORDONNANCE.
Amérique et je courus à New-York retenir une cabinesur le premier paquebot en partance. Il appartenait àla Compagnie Cunard.
Pendant les. quelques heures qui précédèrent ledépart, je pus constater que Prévost-Paradol n’avaitpas exagéré les sentiments antifrançais du peupleaméricain. Dans les bars, dans les rues, sur les places,dans les maisons de commerce, partout des manifes-tations éclataient en faveur de rAllemagne.il fallait setenir à quatre pour ne pas faire le coup de poing, etje me souviens que, furieux, exaspéré, je passai dansla solitude de ma cabine les derniers moments demon séjour aux États-Unis. Hélas, je retrouvai sur lepaquebot les mêmes dispositions morales. Toutes lesplaces étaient encombrées d’Allemands qui rega-gnaient l’armée. J’avais des démangeaisons de com-mencer les hostilités à moi tout seul, et ces dix joursde mer n’ont été qu’un long énervement. Nous avionsà bord un général américain, M. Burnside, qui serendait à l’état-major allemand afln de suivre lesopérations militaires, en curieux, en amateur, pours’instruire et voir la grande guerre. Il avait lui-mêmeune certaine réputation militaire acquise pendant laguerre de Sécession. Il y avait encore le major Kodo-lisch, un Autrichien qui, plus tard, devait attirerl’attention publique en France, comme attaché mili-taire à l’ambassade de son pays.
Par exemple, en arrivant' en Irlande, le spectaclechangea et j’eus le ravissement de trouver enfin desgens qui aimaient la France. A üneenstown d’abord,