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Journal d'un officier d'ordonnance : Juillet 1870 - Février 1871 / par le Comte d'Hérisson
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16 JOURNAL D’UN OFFICIER D’ORDONNANCE.

— Ah! mon cher enfant, me dit-il aussitôt, quevenez-vous faire dans cette galère?

— Mon général, je suis capitaine de mobiles horscadres. Je voudrais une compagnie.

— Allez-vous-en à Châlons. Toute la mobile y est.

Il griffonna trois mots au crayon sur un agenda, et

poursuivit :

— Vous donnerez cela à Berthaut, qui commandelà-bas; et s’il n’y a pas de compagnie disponible, onvous en formera une.

Puis, pendant que le cheval trottait rapidement, ilse plongea dans ses vieux souvenirs, et ajouta en meregardant :

— La Chine, c’était le bon temps!... Maintenant, quevoulez-vous que je fasse? Je m’escrime de mon mieux;mais il est bien tard pour accomplir quelque chose depropre. Nous n’avons été ni heureux ni habiles. Jeressemble à un cuisinier qui attendrait, pour faire sonmarché et commencer son dîner, que ses maîtresfussent à table. C’est une besogne terrible et sansgloire. Enfin, je fais ce que je peux.

Et désignant de la tête le Palais-Bourbon, qui avaitl’air de’sortir du pont de la Concorde où nous courions.

— Ils ont encore été heureux de me trouver, ceux-là,qui se sont si mal conduits envers moi, jadis. Ah! jevous assure que ce n’est pas pour eux que je travaille,mais pour la France d’abord, à qui il faut songeravant tout, et aussi pour cette pauvre Impératrice quiest à la fois énergique et touchante.

Nous étions arrivés.