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Journal d'un officier d'ordonnance : Juillet 1870 - Février 1871 / par le Comte d'Hérisson
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A TRAVERS TARIS

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la supériorité de notre artillerie ; 3° parce que nousvoulons l’Unité germanique : l’idée des annexionsvient de votre Empereur, qui a eu pour imitateursMM. de Cavour et de Bismarck; 4° parce que nos sol-dats sont bien commandés, et que nous n’avons paschez nous de divisions d’intérêts, deprincipes, etpointd’insubordination comme vos mobiles, que nous crai-gnons moins que des collégiens; chacun de nos sol-dats a l’instruction d’un de vos officiers; 5°parce quenous combattons pour la civilisation, c’est-à-dire pourl’émancipation de l’homme par l’instruction. »

Il faut rendre cette justice aux Allemands que dèsles premiers jours ils savaient ce qu’ils voulaient,où ils allaient. Tandis que Berlin, contrastant avecParis, s’enveloppait dans un calme austère, dans lasévérité anxieuse d’une mère dont les fils jouent leurvie sur les champs de bataille, la presse aussi bien queles officiers non seulement déclaraient tout haut quel’Allemagne ne poserait les armes qu'après avoir con-quis l’Alsace et la Lorraine, mais encore faisaientpreuve d’une perspicacité étrange sur notre situationmatérielle et morale, affirmant que nous n’étions pasprêts, que nous manquions de tout, et que nos dis-cussions politiques seraient pour l’armée allemandepresque aussi profitables que des victoires.

On sentait instinctivement que,des deux souverainsqui poussaient des bataillons dans les grandes mêlées,celui qui connaissait le mieux la France n’était peut-être pas l’Empereur des Français. On se sentait enve-loppé, surveillé, dénoncé, espionné en un mot.