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Journal d'un officier d'ordonnance : Juillet 1870 - Février 1871 / par le Comte d'Hérisson
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42 JOURNAL ü’uN OFFICIER D’ORDONNANCE.

arrêta des égoutiers qui sortaient de leurs égouts,parce qu’ils parlaient piémontais.

Et les espions allemands étaient encore assez nom-breux pour que l’on tombât quelquefois juste, enpéchant pour ainsi dire au hasard. Par exemple, ons’empara de deux espions déguisés en sœurs de charité;d’un autre, déguisé en mendiant, qui croquait les forti-fications dans son chapeau, et tendait piteusement lamain quand quelqu’un passait devant lui. Un d’eux,costumé en lieutenant de vaisseau, muni d’une per-mission régulière du ministre de la guerre, visitait,dans les plus grands détails, le Mont-Valérien. Lors-qu’on transmit télégraphiquement l’ordre de l’arrêter,il avait disparu. Mais, à côté do ces arrestations mé-ritées, que de déplorables erreurs! Tantôt c’est unmalheureux prêtre qu’on manque d’écharper, parceque, désigné comme aumônier militaire, il a eu lamaladresse de laisser partir un coup de son revolverdans le fiacre qui l’emmenait; tantôt c’est un limo-nadier dont le nom a une consonance allemande, etdont on veut saccager la boutique; tantôt c’est unpassant inoffensif que désigne un gamin facétieux, etqu’on roue de coups.

Que de fois, à l’État-major, on nous a amené depauvres diables dont on demandait le supplice immé->diat, et qui ne savaient même pas pourquoi on lesmaltraitait, des provinciaux égarés, des étrangersayant perdu le Chemin de leur hôtel ! Il se passamême sous nos yeux et dans les bureaux de l’État-major un fait bizarre, inexpliqué, dont le souve-