A TRAVERS PARIS.
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corvée l’obligation de causer avec un Allemand quine parle pas proprement notre langue. En somme,tous les généraux allemands, tous les officiers d’état-major parlaient français, et dans notre état-majorgénéral il n ’y avait peut-être pas dix officiers entout capables de se faire comprendre d’un Alle-mand. Cette ignorance a une excuse, je le sais. Lalangue française étant admise comme langue di-plomatique, pratiquée par tous ceux qui aspirent àgouverner leur pays, et considérée comme le complé-ment nécessaire de toute éducation aristocratique,le Français a été longtemps, jusqu’à un certainpoint, excusable de négliger d’apprendre la lan-gue de gens qui s’empressaient d’étudier la sienne.Seulement, la disparition de notre suprématie mili-taire et même intellectuelle aurait dû nous obligerà travailler les langues étrangères. On commenceseulement à le comprendre. En 1870, on l’ignoraitencore.
Donc, on se mit à suspecter tout homme quine parlait pas purement le français, la foule étantd'ailleurs incapable de discerner les différents lan-gages étrangers entre eux. On arrêta des Anglais,comme mon fidèle Joseph, des Américains, des Sué-dois, des Espagnols, des Alsaciens. On arrêta encoretous ceux qui offraient dans leur tenue, dans leurallure, quelque chose d’insolite. On arrêta des bèguesparce qu’ils voulaient parler trop vite. On arrêta dessourds-muets parce qu’ils ne parlaient pas, des sourdsparce qu’ils n’avaient pas l’air de comprendre. On