îb JOURNAL D’UN OFFICIER D’ORDONNANCE.
qu’aux paysans français. De deux choses l’une:ou lesfrancs-tireurs sont capables d’être de bons soldats, etalors ils énervent par leur absence l’armée active; ouils en sont incapables, et alors ils feraient mieux dorester chez eux, de ne pas encombrer les routes et dene pas épuiser les ressources précieuses du pays.Dussé-je paraître féroce, culotte de peau même, si onveut, je déclare—et c’est l’avis de tous les hommes deguerre que j’ai fréquentés — que, si j’étais général, sije pénétrais en Prusse, je ferais absolument commefirent les Prussiens, et je passerais par les armes tousles irréguliers qui me tomberaient sous la main. Iln’y a pas d’autre moyen de faire la guerre propre-ment, c’est-à-dire humainement, aussi humainementque le comporte, veux-je dire, l’oubli momentané, etréglé par le droit des gens, des règles ordinaires del’humanité.
J’en dirais presque autant des ambulances libres,quoique les inconvénients qu’elles présentent soientbien moins considérables. Si vous voulez organiserune ambulance, allez verser vos fonds à la caisse del’armée, engagez-vous parmi les médecins militaires,les infirmiers militaires, dans les troupes de l’admi-nistration et de l’intendance. Vous aurez fait votredevoir strictement, simplement; c’est ensuite au gou-vernement de faire le sien, en utilisant vos ressourceset votre bonne volonté, pratiquement, méthodique-ment, comme tout doit se faire à la guerre. Autre-ment, les chefs, affolés par toutes ces initiatives mili-taires ou bienfaisantes, perdent la tête, ne savent plus