A TRAVERS PARIS.
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de la Franco les pompiers. Pompiers de ville, correclset élégants, pompiers de village accoutrés commedans les bals publics, avec des casques invraisembla-bles qu’on eût dit empruntés aux modèles de David, lepeintre des Grecs et des Romains. Quelques-uns de cesbraves gens, partis sans trop savoir pourquoi, deman-daient en arrivant à Paris : « Où est le feu ? » On leslogea dans les lycées. On dépensa quelque argent pourles nourrir et les solder, puis ils se dispersèrent, et onn’en entendit plus parler. Puisque je parle d’argent,je note pour mémoire le succès de l’emprunt de750 millions, et celui de la souscription patriotiquede la presse française, ouverte sur l’initiative du Gaulois,qui, en quelques jours, atteignit 1,500,000 francs.
Cependant Paris commençait à comprendre qu’illui faudrait soutenir un siège. Quant à en calculer ladurée, personne ne s’y hasardait. Les plus optimistesne pouvaient penser que la capitale tiendrait aussilongtemps qu’elle le lit, et les plus pessimistes qu’elletiendrait aussi inutilement. Malgré l’espoir placé surla tête de Bazaine, que tout le monde à ce momentregardait comme un héros, comme un grand général,et dont, depuis Gravelotte, on n’entendait presque plusparler ; malgré la confiance qu’inspirait encore Mac-Mahon même après Reiehschoffen,il fallait s’outiller envue d'un investissement possible. Les offres affluaientà l’État-major, et souvent je fus chargé de mener auministre du commerce chargé du ravitaillement, Clé-ment Duvernois, des marchands de grains ou debestiaux qui s’étaient adressés au gouverneur. On sait