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Journal d'un officier d'ordonnance : Juillet 1870 - Février 1871 / par le Comte d'Hérisson
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50 JOURNAL DUN OFFICIER DORDONNANCE

que Clément Duvernois mena en homme de génie cetteentreprise immense et compliquée. Chose étrange,trois fois jallai chez lui, et trois fois jy rencontraiM. Thiers. M. Thiers navait pas encore cette popula-rité que lui donnèrent nos défaites prévues par lui,sa tournée diplomatique à travers lEurope, et surtoutce fait quau milieu des membres du gouvernementde la Défense nationale, il semblait, avec son passégouvernemental, la seule épave des régimes réguliersqui surnageât encore. Mais il sagitait comme un véri-table écureuil en cage. Muet à la Chambre, il serattrapait en courant les cabinets ministériels, pro-diguant les conseils et les recommandations, en fré-quentant les ambassades il avait ses entrées etil était écouté, interrogeant les diplomates, sondantles dispositions des gouvernements, actif, affairé. Ilétait partout. On ne voyait que lui. Deux autres per-sonnages, étrangers ceux-, passaient également leurexistence à courir. Je veux parler de MM. deMetternichet Nigra, qui représentaient à Paris, lun lAutriche,lautre lItalie, et sur le rôle desquels je serai amené àdonner quelques explications lorsque jaborderai lerécit de ce que je vis de la journée du 4 septembre.D ailleurs, toutes ces allées et venues diplomatiques neproduisaient pas grand résultat. On savait déjà que lareine dAngleterre avait écrit à lImpératrice quellene pouvait intervenir dans le conflit franco-prussien.On ne comptait guère sur lAutriche. Quant à l'Italie,le bruit courut un jour que cent mille de ses soldatsfranchissaient les Alpes pour venir à notre secours.