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Journal d'un officier d'ordonnance : Juillet 1870 - Février 1871 / par le Comte d'Hérisson
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62 JOURNAL d’üN OFFICIER ^ORDONNANCE.

mense ruche humaine était en rumeur. De tous côtésun mouvement se dessinait qui emportait vers lecentre de Paris les habitants des quartiers excen-triques.

Sous nos fenêtres, la rue de Rivoli et la place duCarrousel étaient noires de monde. 11 faisait un tempsadmirable, et chacun sait que les Parisiens sont tousen l’air le dimanche. Les uns circulaient béatementsous les arcades, le long des trottoirs ; les autres couraient fiévreusement vers le Palais-Bourbon, où ilsprévoyaient qu’il y aurait de la besogne; d’autresencore, massés dans les carrefours, sur les coins detrottoirs, attendaient, regardaient, en buvantl’air tièded’une véritable journée d’été.

J’avais dit au général, qui d’ailleurs avait pu lire lecompte rendu de la séance de nuit dans le Journalofficiel :

— C’est à midi qu’ils se réunissent et discutent laproposition de déchéance.

Les mesures à prendre pour sauvegarder la sûretédu Corps législatif, le service de place, ne nous regar-daient point. Le ministre de la guerre avait donnédirectement les ordres nécessaires. Cependant, il étaitassez naturel que le gouverneur de Paris s’occupât dece qui se passait dans son commandement, et, dèsonze heures et demie, le peloton d’escorte était rangédans la cour, derrière nos chevaux sellés et brides.Le général Trochu, fréquemment, ouvrait la porte deson cabinet, pour aller jusqu’au cabinet de son chefd’état-major, le général Schmitz, enfoncé dans la