LE 4 SEPTEMBRE.
rédaction de ses ordres, de ses dépêches, et dans i’an-notation de ses rapports; il traversait le salon vert,où nous attendions, et nous disait :
— Rien de nouveau?
— Rien, mon général, — était notre réponse inva-riable. A une portée de fusil du Palais-Bourbon, nousignorions absolument ce qui s’y passait. Tout le mondes’y dirigeait, personne n’en revenait, et aucun de nousn’avait mission d’aller s’enquérir.
Vers une heure, la séance annoncée pour midiétait ouverte. Le général de Palikao avait déposéune proposition instituant un comité de défense deneuf membres, et attribuant au ministre lui-mêmeles fonctions de lieutenant général de ce comité;M. Thiers et quelques collègues avaient déposé uneproposition à peu près semblable, mais annonçant laréunion d’une Constituante, dès que les circonstancesle permettraient. Avec la proposition de déchéancedéposée la veille par Jules Favre, cela faisait troispropositions parfaitement inconstitutionnelles et révo-lutionnaires, car aucune des trois ne mentionnait legouvernement de la régente qui existait cependant.On votait l’urgence sur les ti’ois propositions, et lesdéputés se retiraient dans leurs bureaux pour les dis-cuter, comme il est d’usage.
Cependant, peu à peu, la garde nationale se substi-tuait à la troupe de ligne dans le service de défenseorganisé autour du Palais-Bourbon. Les bataillonsréguliers s’en allaient, les bataillons bourgeois lesremplaçaient. En même temps, les cordons de ser-