CHEZ L'IMPÉRATRICE.
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des autorisations nécessaires pour effectuer l’envoique j’avais projeté. Il était inutile et peut-êtreimprudent, de faire intervenir le gouverneur; etje préférais m’adresser au pouvoir civil, c’est-à-direà la Préfecture de police, un endroit commode oùl’on va, à Paris, quand on ne sait à qui s’adresser, etoù l’on trouve presque toujours ce que l’on cherche.
Le 5 septembre, mon service auprès du gouverneurfinissait à six heures du matin, et je me rendis à lapréfecture. Là, je retombai en plein effarement.Comme on dit vulgairement, les sergents de ville n’enmenaient pas large. Ces soldats admirables, recrutésavec tant de soin, sous l’Empire, parmi les ancienssous-officiers, personnel d’un dévouement et d’unefidélité à toute épreuve, se disaient évidemment quel’émeute était au pouvoir. Et il leur paraissait bienétrange de servir ceux qui, la veille, étaient considéréscomme les ennemis de l’Empire, du gouvernement,lie la société, de l’ordre
Insultés, vilipendés par la foule toujours inepteet parfois criminelle, qui s’en prend en temps derévolution aux monuments publics et aux innocentsreprésentants de l’ordre, ces pauvres diables ne sa-vaient littéralement à quel saint se vouer. La veille,soit à la place de la Concorde, soit aux abords duPalais-Bourbon, soit autour de l’IIôtel de Ville, bonnombre d’entre eux avaient failli être jetés à la Seine.On les avait injuriés, battus, on leur avait pris leurschapeaux à claque et leurs épées. On avait promenéleur défroque comme un glorieux trophée, et plu-
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