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Journal d'un officier d'ordonnance : Juillet 1870 - Février 1871 / par le Comte d'Hérisson
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HO JOURNAL d’un OFFICIER D’ORDONNANCE.

sieurs à moitié assommés, le visage en sang, les vête-ments en lambeaux, n’avaient rallié qu’à grand’peinela Préfecture de police. C’est si bon, c’est si commode ;de satisfaire une petite rancune personnelle, de l'aireexpier une arrestation ou un procès-verbal, en ayantl’air de se livrer à une démonstration patriotique !

Comme la veille aux Tuileries, je pénétrai, sans quepersonne songeât à m’arrêter, jusqu’au cabinet dupréfet.

M. le comte de Kératry prenait justementpossessionde son bureau préfectoral. Debout derrière une grandetable Louis XV munie de nombreux tiroirs et encom- ,brée de cartons, il passait en revue ce qu’avait laissé json prédécesseur.

Tous les chefs de service, tous les employés supé-rieurs, en habit noir et en cravate blanche, rangés enun demi-cercle respectueux et solennel, faisaient faceau préfet. Un huissier ouvrait devant lui tous les ti-roirs les uns après les autres, et lui en analysait lecontenu.

— Qu’est ceci ? disait M. de Kératry.

— Les pièces secrètes relatives aux émeutiers dela "Villette.

— Et ceci?

— La ceinture du prédécesseur de Monsieur lepréfet.

— C’est bien. Qu’on la mette de côté avec tous lesobjets qui lui sont personnels, et qu’on veille à cequ’ils lui soient bien scrupuleusement rendus.

Un tiroir résistait à l’huissier, qui tirait de toutes