CHEZ L’IMPÉRATRICE.
121
dont les bronzes n’avaient certainement pas été ciseléspar Gouthière. A droite, de grandes vitrines, conte-nant des objets d’étagère, des souvenirs de famille,un petit musée des souverains.
Je remarquai, sans m’y arrêter longtemps,le chapeautroué de deux balles que portait l’Empereur le jour del’attentat Orsini, chapeau à coiffe et à ailes plus élevéesque ceux qu’on porte aujourd’hui, et qui paraissait deforme surannée. A côté étaient deux bombes Orsini,espèces de petits obus de quatorze centimètres delong, garnis dans tous les sens de cheminées defusil munies de capsules, et assez semblables à depetits hérissons. Lorsqu’on les lançait à la main, dequelque côté qu’elles tombassent, elles devaientforcément porter sur cinq ou six capsules percutantes.L’une d’entre elles était intacte. L’autre, irrégulière-ment brisée, avait dû produire son effet meurtrier.
Voici encore des tabatières riches et curieuses; unportrait des plus rares au daguerréotype, de l’Impé-ratrice jeune fille; une ravissante miniature de lareine Hortense, etc.
Sur des chevalets, dans le salon : le portrait del’Empereur par Flandrin, celui de la princesse Chris-tine Bonaparte, née princesse Ruspoli, une femmeadorablement belle. Puis des bronzes, pendules, can-délabres, opulents rideaux, des poufs, des coussins,des chaises basses, encore des poufs, des jardinièresgarnies de plantes vertes, une profusion de passe-menterie, de pendeloques, enfin le luxe mièvre ettourmenté du xix e siècle.