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Journal d'un officier d'ordonnance : Juillet 1870 - Février 1871 / par le Comte d'Hérisson
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120 JOURNAL D’UN OFFICIER D’ORDONNANCE.

Le grand salon-cabinet de travail de la régente, sonboudoir, son oratoire, sa chambre à coucher, soncabinet de toilette, constituaient une série de piècesse commandant, et prenant jour sur le jardin desTuileries.

Le tout était meublé avec le raffinement du luxemoderne, et ce luxe ne semblait pas à sa place.II paraissait jurer avec la grandeur un peu sévère del’architecture. C’était le salon de M mo de Metternichtransporté aux Tuileries, et je suis certain pourtantque si l’ambassadrice avait habité ce palais, sonsalon eût été d’un style tout différent de celui quej’avais sous les yeux.

Nous étions encore bien loin des souffrances maté-rielles et morales engendrées par le siège qui allaitcommencer, et dont une des conséquences allait êtrede donner à l’esprit parisien, si léger, si mobile, siimpressionnable, une certaine teinte passagère d’aus-térité. Cependant ce luxe sans style, sans caractère, comajestueux fouillis, jurait avec le respect qu’on auraitdû avoir, avec l’idée qu’on se fait habituellement dela grandeur souveraine. En un mot, cela sentait trople boudoir, et pas assez le palais.

Je n’ai jamais vu les appartements privés de lareine d’Angleterre ni ceux de l’impératrice de Russie;mais je parierais qu’ils doivent différer étrangementde ceux que s’était arrangés l’impératrice Eugénieaux Tuileries.

Dans le grand salon, où travaillait et recevait larégente, à gauche, un grand bureau Louis XV, mais