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Journal d'un officier d'ordonnance : Juillet 1870 - Février 1871 / par le Comte d'Hérisson
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134 JOURNAL d’üN OFFICIER D ORDONNANCE.

aurait pas eu de raison de se hâter, si à cette époquedéjà les rapports de police ne nous eussent signaléune effervescence, et fait pressentir le bon pillage àmain armée que nous réservait plus tard la Com-mune. Aussi je redoublai d’activité pour en finir etpour mettre toutes les valeurs en lieu sûr.

Bien des gens, depuis le 4 septembre, avaient visitéles appartements impériaux, la commission des pa-piers y avait siégé et fureté plusieurs jours. On savaitque ces appartements contenaient des valeurs, — nonseulement artistiques, mais matérielles, — impor-tantes, et je ne dormais pas tranquille.

Je multipliais les démarches auprès du ministre desfinances, le joyeux et spirituel Picard, dont la gravitédes événements n’altérait point la jovialité, et qui mefaisait attendre les autorisations nécessaires.

Chaque fois que le service du gouverneur m’appelaità son ministère, je pénétrais jusque dans son cabinet,et le ministre en m’apercevant me disait avec un bonsourire :

— Très bien, très bien. C’est encore pour les Tuile-ries, n’est-ce pas?

Un jour qu’il avait réussi à force de cordialité à mefaire rire comme un écolier, il me dit :

— Mais pourquoi diable vous donnez-vous tant demal? Est-ce que vous croyez qu’il reviendront? Nousavons pour le moins devant nous deux générationsde républicains à user. Et puis, s’ils revenaient, monami, il faut que vous connaissiez bien peu le mondepour vous imaginer qu’ils vous sauraient le moindre