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Journal d'un officier d'ordonnance : Juillet 1870 - Février 1871 / par le Comte d'Hérisson
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IMPÉRATRICE ET GOUVERNEUR.

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étoile, n'osant pas exercer le commandement, rudoyépar Bazaine, malade, traînant dans sa vessie un calculgros comme un œuf de pigeon qui transformait enune torture épouvantable la moindre promenade à che-val, — arriva au camp de Châlons le 16 août, au soir,le général Trochu faisait partie de l’armée du Rhin,comme commandant en chef du 12 e corps. Son indé-pendance, sa conscience de sa propre valeur, ses bril-lants états de service, la clairvoyance en quelquesorte prophétique qui lui avait dicté un livre r-^entsur l’armée, livre rempli de vérités et de jugementsque confirmaient les événements au fur et à mesurequ’ils se déroulaient; ses allures un peu rigides detravailleur austère, peu en rapport avec les habitudesdes généraux de cour, lui avaient créé des jalousies,des rivalités et des inimitiés parmi les complaisantset les courtisans qui entouraient l’Empereur.

Cet état de choses avait eu pour effet, d’un côté,d’éloigner des Tuileries le général, et, de l’autre, de luiattirer l’estime et le respect de tous les hommes im-partiaux. Sans compter que les opposants de toutenuance se plaisaient à rendre populaire un généralpeu en faveur. Et cette popularité croissait rapide-ment en môme temps que l’Empire s’affaissait sous lepoids de ses fautes. Les patriotes comptaient sur luicomme sur un grand général. Les ennemis de l’Em-pire comptaient sur lui comme on compte sur lesadversaires de ceux qu’on déteste.

L’empereur Napoléon III avait beau être un trèsbrave homme, le meilleur homme peut-être de son