Buch 
Journal d'un officier d'ordonnance : Juillet 1870 - Février 1871 / par le Comte d'Hérisson
Entstehung
Seite
157
JPEG-Download
 

PARIS BLOQUÉ.

157

heures, peut-être quelques jours, de confiance et d’es-poir.

Cependant, l’investissement commençait. Quel-ques-uns d’entre nous, faisant usage des laissez-passerqui ouvraient les portes fermées pour tout le monde,étaient allés flâner sur les routes dans le sud de Paris,et avaient pu voir des patrouilles de uhlans. L’un d’euxavait poussé assez près de l’infanterie, en se glissantsous bois, pour essuyer une décharge inoffensive. Ilétait visible que les Prussiens allaient envelopper Parisen commençant par le sud. Us défilaient pour gagnerVersailles par Choisy-le-Roi. Leur plan élémentaireconsistait à s’interposer entre Paris et le midi de laFrance encore intact. Les 17, 18 et 19 septembre, onmanœuvra et on se battit. La dernière de ces troisjournées est celle de Châtillon. Le gouverneur n’as-sista pas au combat, qui, d’ailleurs, ne fut pas brillant.Les mobiles et la ligne s’entre-tuèrent en tirant lesuns sur les autres, au milieu d’une confusion bienfacile à prévoir parmi ces jeunes troupes, et, choseétonnante, les zouaves donnèrent le signal de lapanique. Quand on vit reculer et s’enfuir les pantalonsrouges, ce fut une débandade générale. La moitié deParis, la rive gauche, fut sillonnée de soldats quiavaient jeté, pour mieux courir, fusil et cartouches,et qui, déjà, commençaient à faire entendre ces motssinistres et bêtes qui devaient si souvent être pro-noncés : « Nous sommes trahis 1 »

Pendant ces premiers engagements, Jules Favreallait à Ferrières. Les honorables députés qui gouver-