PARIS BLOQUÉ.
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rien et nous coûta quelques braves gens, parmi les-quels le général Guilhem, tué en marchant bravementà la tête de sa brigade.
Le surlendemain de la journée de Ghevilly, legénéral Schmitz se rendit, de sa personne, sur lechamp de bataille, et poussa jusqu’aux avant-postesprussiens afin de réclamer le corps du généralGuilhem. J’avais l’honneur d’accompagner le chefd’état-major général, et nous étions suivis d’un convoide voitures d’ambulances, avec médecins et brancar-diers, afin de relever et de ramener les blessés quipouvaient encore se trouver entre les deux armées.
Les sentinelles prussiennes montaient la gardedeux par deux, chaque homme étant posté à quelquespas seulement de son voisin. Pendant que l’une d’ellesse détachait pour aller chercher l’officier parlemen-taire, je descendis de cheval et me mis à fouiller leschamps voisins.
Nous étions à l’endroit où avait eu lieu l’engage-ment le plus chaud. Pas un arbre qui n’eût reçu aumoins un projectile. Les mitrailleuses françaisesavaient fauché par places, dans les vignes, de longsespaces en forme de percées, coupant ceps et échalasau ras de terre. Rien n’avait été changé, rien n’avaitété encore touché sur ce champ de bataille, et dans cer-tains endroits une humidité fade marquait les flaquesde sang bues par la terre. Ici des casques, là des fusils,plus loin des sacs, des képis, des sabres-baïonnettes,des ceinturons, des livrets, des effets de soldats, etsurtout un grand nombre de gibernes.