UN DIPLOMATE AMATEUR.
IG5
estafette, fit son entrée dans le cabinet du gouverneurqui le reçut debout, en tenue militaire, et entouré detout son état-major.
Le général Trochu me dit de déclarer à ce visiteurqu’il était le bienvenu, et ne fut pas peu étonné quandil le vit s’avancer tout à coup vers moi,les bras tendus,et m’embrasser sur les deux joues. J’expliquai que sixsemaines auparavant, j’avais fait, sur le paquebot quime ramenait d’Amérique, connaissance avec le géné-ral, et avais rapidement lié amitié avec lui, pendantces onze jours de séquestration forcée.
Le général Burnside était accompagné du colonelaméricain Porbes. Il raconta au gouverneur, par monintermédiaire,qu’il était venu en Europe, attiré par lagrandeur des événements militaires qui se déroulaienten France. Il demanda la permission de visiter Paris,comme il avait visité l’armée prussienne. Il voulait,après avoir étudié le mécanisme de l’investissementle plus colossal qui ait jamais été entrepris, se rendreégalement compte des moyens de la défense, et con-templer le spectacle, consolant pour l’humanité, d’unpatriotisme capable d’enfanter de si grands efforts.
Le général Burnside n’était point le premier généralvenu. Il est très populaire aux États-Unis, et a jouéun rôle considérable pendant la guerre de sécession.
Sans être tout à fait convaincu que le général fûtuniquement attiré par un sentiment de curiositémilitaire, le gouverneur s’empressa de déclarer qu’ilferait son possible pour que les investigations de soncollègue fussent complètes et faciles. L’entrevue fut