UN DIPLOMATE AMATEUR.
473
vaincu, qui va se reformer plus loin. Mais si, aprèsune lutte, elles restent sur le terrain, en présence; sil’une des deux, enfermée dans une place, est assiégéepar l’autre; si le contact dure, il faut, bon gré,malgré, que ce voisinage engendre des relations. On par-lemente dans une infinité de cas. On parlemente pourse faire des propositions. On parlemente pour se don-ner des nouvelles que l’un des deux adversaires jugeutile, à son point de vue, de faire connaître à l’autre.On parlemente quelquefois pour échanger des pri-sonniers. On parlemente pour faire passer desneutres, comme le général Burnside, ou des person-nages chargés de missions diplomatiques, commeM. Thiers, d’un camp dans un autre. On parlementepour obtenir une suspension d’armes consacrée àenterrer ses morts. On parlemente presque quoti-diennement pour ce que j’appellerai le train-train dela guerre sur place.
Bien que les officiers allemands parlassent presquetous le français, il était assez naturel qu’on choisît,pour le mettre en rapport avec eux, un officier fran-çais qui connût l’allemand, et, à ce titre, j’avais étédésigné par le gouverneur comme son parlementairehabituel.
J’allais donc régulièrement parlementer avec l’en-nemi, et voici comment les choses se passaient. Jeme rendais à cheval, muni d’instructions écrites ouverbales, selon les cas, jusqu’au pont de Sèvres, suivid’un trompette de cavalerie. Ce dernier tenait à lamain, comme un fanion de général, le drapeau par-
10 .