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Journal d'un officier d'ordonnance : Juillet 1870 - Février 1871 / par le Comte d'Hérisson
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172 JOURNAL d’üN OFFICIER D’ORDONNANCE.

en donnait communication, il avait bien soin derayer d’un trait d’encre ce qui pouvait particulière-ment nous intéresser. Après la guerre, l’empereurGuillaume le combla de faveurs et lui envoya sonportrait en pied. Il n’avait volé ni les faveurs ni leportrait.

Pendant que je reconduisais le général Burnsideaux avant-postes, il me fit comprendre que c’était luiqui avait pris l’initiative de ces négociations, quiavait insisté auprès de M. de Bismarck en notre fa-veur, mais que le chancelier ne tenait pas autrementà voir réussir cette entrevue, que cela lui était toutà fait indifférent, et que d’ailleurs, à quelque momentqu’on fût obligé de traiter, celui que les Allemands ap-pellent le « chancelier de fer» taillerait dans le gâteaufrançais la portion conquise par les victoires prus-siennes. Il me dit encore qu’à maintes reprises M. deBismarck lui avait exprimé la certitude absolue oùil était que nos divisions achèveraient l’œuvre desarmées de son maître.

Aux avant-postes, il se passa un incident assezcurieux et qui n’avait pas en lui-môme beaucoupd'importance; mais il a donné lieu à un échange denotes entre Paris et Versailles, et c’est pour cela queje le rapporte en détail.

Lorsque deux armées arrivent à un contact mu-tuel, s’il y a bataille, si, aussitôt, on se tire des coupsde canon, de fusil, si on se charge, et si l’une desdeux, battue, se met en retraite ou s’enfuit, toutest dit. Le vainqueur enterre ses morts et ceux du