UN DIPLOMATE AMATEUR.
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dant à la nôtre, nous escaladions la barricade et nousagitions notre drapeau blanc.
Les deux sonneries s’entendaient de fort loin, car ilrégnait, en ces régions, dans l’intervalle des coupsde feu, un silence extraordinaire, solennel, lugubre,en quelque sorte surnaturel, le silence de la mort,celui qui a précédé sur terre l’apparition des êtresanimés. Entre les sentinelles avancées, postées sur lesdeux rives, on aurait entendu voler une mouche, eton eût dit que la Seine elle-même, glissant lentementdans ce paysage désolé, avait assourdi le murmurede ses eaux.
L’officier parlementaire prussien s’acheminait alorssur le pont de Sèvres, tandis que j’en faisais autantde mon côté. L’arche du milieu du pont n’existaitplus. On l’avait fait sauter avec la dynamite. Nousnous arrêtions tous les deux sur les bords du troubéant, et nous causions. Mes interlocuteurs étaientpresque toujours, je dois l’avouer, des jeunes gensde haute distinction, comme il en existe tant parmiles officiers allemands. On se saluait avec la courtoisiedu grand siècle, et on échangeait des phrases d’uneurbanité exquise. 11 y a bien des salons où l’on parleavec plus de désinvolture que nous ne le faisions,chacun sur notre pile. Nous mettions, pour nousexprimer, des gants frais, on peut le dire au propre etau figuré.
Quand tout se passait ainsi c’était parfait, et jesubissais de bonne grâce les plaisanteries que m’a-dressait, avec bonne humeur, une espèce d’adjudant,