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Journal d'un officier d'ordonnance : Juillet 1870 - Février 1871 / par le Comte d'Hérisson
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100 JOURNAL d’un OFFICIER D’ORDONNANCE.

dizaine de Prussiens qui sautent à la bride de sonclieval, le désarçonnent, le font prisonnier et l’em-mènent. Deux pas plus loin, le peloton au milieu ,duquel il marchait va donner, au coin d’un mur, dansles zouaves du commandant Jacquot.

Et mon frère qui, élevé en Allemagne, parlait l’allc- ;mand comme le français, de se retourner et de dire |froidement à ceux qui le conduisaient : 1

— Soyez assez bons, je vous prie, pour me rendremon cheval, et, puisque vous m’avez fait prisonnier, ipermettez qu’à mon tour, je vous fasse prisonniers. ;

Lorsque la nuit tomba on battit en retraite, comme itoujours, et dans cette retraite nous perdîmes deuxcanons. Ce qui n’empêcha point Paris de considérer, jtant il avait envie de vaincre, cette journée commeune victoire.

Près de La Jonchère, je fus témoin d’un curieuxépisode.

Des soldats courant en avant me dépassaient necriant :

— Le sergent a tué l’Oiseau noir. Ce n’est pas troptôt.

A quelques pas plus loin, se tordait, comme un deces clowns qui marchent sur la hanche dans uncirque, un individu très correctement vêtu d’un com-plet et de knickers-bockers en velours noir, qui avaitreçu en pleine poitrine une balle que les soldats attri-buaient à leur sergent. L’un d’eux me raconta quedepuis plusieurs jours ils avaient remarqué cet indi-vidu constamment à l’affût de nos sentinelles, et qui