2U) JOURNAL D’UN OFFICIER D’ORDONNANCE.
Quant aux autres, aucun prestige. Des avocats, desphilosophes, ou des vieux démodés !
Ils avaient, sous l’Empire, personnifié l’opposition;au A septembre, ils s’étaient emparés du gouverne-ment. Le peuple avait trouvé cela naturel, logique.Il n’avait point exigé qu’on le consultât; de leur côté,ils avaient pris son silence pour une acclamation, etl’opinion complaisante pour une adhésion enthousiaste.
Mais ils n’étaient point seuls à avoir guidé le peupleopposant de Paris. Ils n’avaient point à eux seulsobtenu les fameux quatorze cent mille Non du plé-biscite. Ils avaient eu des instruments, des sous-ordres. Généraux vieillis et prudents, ils avaientlancé contre l’ennemi impérial des colonels ardents,jeunes, fougueux, en leur promettant une part dansles dépouilles opimes. L’ennemi avait succombé,grâce à la diversion assez puissante de huit cent millePrussiens. Les dépouilles opimes, fortement amoin-dries, il est vrai, par l’invasion, étaient tombées enleur pouvoir, et leurs auxiliaires des combats passésétaient toujours là, attendant le partage, assistant àla curée et n’y prenant point part.
A la tête de leurs cohortes fidèles, ces jeunes etfougueux colonels, les Fiourens, les Millière, lesGrousset, les Rigaut, et tant d’autres, attendaient,impatients et désœuvrés. Ils s’étaient procuré, pourne négliger aucune force, quelques vieilles idoles ou-bliées par la mort, Blanqui, Félix Pyat, Ledru-Rollin,l’ombre de Barbés, tout un vieux matériel d’ancêtresà promener. Ils étaient prêts.