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Journal d'un officier d'ordonnance : Juillet 1870 - Février 1871 / par le Comte d'Hérisson
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LE TRENTE ET UN OCTOBRE.

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Ils se demandaient, avec une logique implacable,sinon patriotique, pourquoi et en vertu de quellerègle le pouvoir suprême avait été dévolu aux députésde Paris, et non point à eux, chefs reconnus destroupes populaires ; trouvaient extraordinaire d’avoirété convoqués à la fois pour renverser un maître etpour en subir douze autres; comparaient leur man-dat à celui du gouvernement et les jugeaient sem-blables ; exploitant les appétits révolutionnaires decertains bataillons, ils utilisaient aussi l’irritation dequelques autres, enragés et humiliés d’avoir tantcrié : A Berlin 1 et d’être pris dans Paris, comme dansune souricière immense.

Ils étaient prêts à agir. Il ne leur manquait plusqu’un mot d’ordre et des occasions.

Ils trouvèrent d’abord le mot d’ordre. Les événe-ments et les maladresses du gouvernement allaientleur fournir une occasion.

Le 27 octobre, le journal le Combat, un organesang de bœuf, annonça d’une façon précise que lemaréchal Bazaine avait envoyé un officier pour trai-ter de la capitulation de Metz avec le prince Frédéric-Charles.

C’était vrai, car ce même jour était signée la capi-tulation de Metz. Mais personne n’en savait rien,personne ne s’y attendait, et cette nouvelle tombacomme un obus au milieu de Paris assiégé.

Le gouvernement en fut le premier surpris, la dé-mentit en termes maladroits, se fermant volontaire-ment toute issue pour battre en retraite dans le cas