212 JOURNAL d’üN OFFICIER D’ORDONNANCE.
où elle se confirmerait, traitant le maréchal, quivenait en réalité de rendre son armée, de glorieuxBazaine, et le Combat de journal prussien.
Comment cette feuille avait-elle pu être si bieninformée? Était-ce une coïncidence? La haine avait-elle donné à ses rédacteurs le don de double vue?Je ne le crois pas, et j’explique bien plus simplementcette propagation rapide d’une aussi grave nouvelle.
On savait dès le 21 au soir, ou tout au moins le25 au matin, dans le camp prussien sous Metz, queBazaine se rendait. Ce même jour partirent par voierapide, du camp prussien, des détachements detroupes réclamés instamment par l’état-major deVersailles pour renforcer le cordon d’investissement,trop faible sur beaucoup de points autour de Paris.
Car ne l’oublions pas, si, militairement, il était im-possible que des troupes sorties de Paris échap-passent à l’étreinte des bataillons prussiens rabattussur elles, le lendemain ou le surlendemain, partoutnous pouvions nous présenter devant l’investisseuren forces numériquement supérieures aux siennes.
Je suis persuadé que si, au lieu du général Trochu,Paris avait été gouverné par un Pélissier, ce dernieraurait fait tuer deux cent mille gardes nationauxdevant la capitale. Il aurait probablement fallu toutde même qu’il se rendît avec le reste, et il auraitpassé pour un bourreau.
Donc, le 26, il pouvait y avoir devant Paris, àSaint-Denis notamment, des soldats allemands venusde Metz et sachant que Bazaine allait traiter.