LE TRENTE ET UN OCTOBRE.
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délivrerait la France et lui rendrait ce que Paris vien-drait de conquérir : l’autonomie communale. La Francealors ne serait plus une république ni une monarchie.Elle serait une fédération de trente-six mille com-munes libres et indépendantes.
L’idée n’était point aussi bête qu’on pouvait lesupposer, puisqu’elle faillit réussir. Elle était simple-ment un peu verte. Il fallait qu’elle mûrit. Elle allaitmûrir.
Ce fut donc aux cris de : Vive la Commune! de :A bas Trocbu! et de : Pas d’armistice! que fut faite lajournée du 31 octobre, que fut tentée l’insurrectionqui allait avorter misérablement, car tout avortaità cette époque maudite, tout, même la révolution.
Quelque temps avant la fin d'octobre, un soir, auLouvre, nous aperçûmes dans le ciel une rougeur quicouvrait la moitié de l’horizon de Paris, et qui nepouvait provenir que d’un incendie dans l’est.
— Allez voir ce que c’est, me dit le gouverneur.
Je montai à cheval, gagnai les boulevards, puis larue de La Fayette. L’incendie était aux Buttes-Chau-mont. Lorsque j’y arrivai, je fus témoin d’un spec-tacle singulier et grandiose. Le lac du parc brûlait.On l’avait mis à sec et transformé en magasin depétrole. Une des barriques avait pris feu, les autresavaient éclaté, et, quand j’arrivai, l’île centrale sem-blait nager dans une mer enflammée.
Du haut d’un massif formant une petite éminence,un grand et beau garçon donnait des ordres préci-pités. Ses manches étaient couvertes de galons dont,