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Journal d'un officier d'ordonnance : Juillet 1870 - Février 1871 / par le Comte d'Hérisson
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220 JOURNAL D UN OFFICIER D’ORDONNANCE.

je l’ai su depuis, sa volonté seule avait déterminé lenombre. Je m’approchai de lui pour lui dire que legouverneur désirait connaître les causes du sinistre.

— Ce n’est rien, me répondit-il, quelques tonneauxde pétrole qui flambent. Du reste, dites à M. Trochuqu’il n’ait point à s’inquiéter, que Flourens est là!

Ce fut donc dans l’auréole gigantesque d’un incen-die allumé par le pétrole, c’est-à-dire dans son cadre,que je vis pour la première fois le major de rempart,l’homme qui allait jouer le principal rôle dans l’af-faire du 31 octobre.

La journée était froide et sombre, la pluie tombaitfine et glacée, détrempant les vêtements et les carac-tères. Ce fut un grand bonheur pour le gouvernementde la Défense nationale, car les insurgés allaient avoirles doigts raidis, le cou enfoncé, les pieds mouillés. S'ileût fait sec et beau, ce gouvernement eût fort bien puêtre massacré dans les scènes tumultueuses, confuseset grotesques, qu’il traversa ce jour-là et une partie dela nuit suivante.

Dès sept heures du matin, les gardes nationaux com-mencèrent à arriver sur la place de l’IIôtel-de-Ville.Les groupes se formaient, on criait : « Vive la Com-mune! Pas d’armistice! » La foule grossissait, et, à neufheures, une colonne d’un millier d’hommes débouchaitpar l’avenue Victoria, escortant un drapeau sur lequelétaient écrits ces mots : « Levée en masse, pas d’armis-tice . » Los mobiles du Berry étaient venus relever, àl’Hô tel-de-Yille, le 113 e bataillon,et avaient été acclamés.