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Journal d'un officier d'ordonnance : Juillet 1870 - Février 1871 / par le Comte d'Hérisson
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232 JOURNAL d’üN OFFICIER D’ORDONNANCE.

sur les boulevards. Quand Trochu et les autres mem-bres, délivrés derrière lui, arrivèrent, les bataillonsde l’ordre commençaient à se réunir, et leurs officiersassemblés à la Bourse discutaient entre eux. Adamavait joint ses efforts à ceux de Picard. Trochu donnales ordres nécessaires, et à minuit moins cinq mi-nutes, sur la place de l’Hôtel-de-Ville débouchaientles colonnes de la garde nationale fidèle, qui peu àpeu investissaient le monument.

A ce moment il y eut une alerte.

Dans le salon jaune, Jules Favre voulant ouvrir unefenêtre pour respirer, on tire quelques coups de fusilde la place, et les défenseurs de l’Hôtel de Ville ripos-tent. Tout s’arrête, heureusement. On referme lafenêtre, et Jules Favre se rassied.

Cependant à l’intérieur on commence à se douterde ce qui se passe au dehors. Les chefs se disent:«Nous sommes cernés», et ils deviennent un peu plussouples et dociles aux exhortations de Dorian. Flou-rcns est remonté sur sa table. Il conseille la concordeet le départ.

Delescluze etDorian conviennent qu’on passera l’é-ponge sur la journée, et que l’Hôtel de Ville sera éva-cué sans que personne puisse être recherché pour cequi vient d’arriver. On se saluera. On s’en ira chacunchez soi en disant :

— Simple malentendu... Bien le bonjour... 1

Les insurgés acceptent, Delescluze et Dorian des-cendent au dehors, s’abouchent avec Adam et Ferry.Ceux-ci, très peu rassurés sur le sort de leurs collé-