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Journal d'un officier d'ordonnance : Juillet 1870 - Février 1871 / par le Comte d'Hérisson
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LE TRENTE ET UN OCTOBRE.

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efforts inutiles, les gouvernants protestent. Ils veulentou quon les fasse prisonniers ou quon les laissesortir. On leur demande leur démission. Ils la refusent,se déclarant hors détat de la donner librement. Fina-lement, on les constitue prisonniers et ils se réfugientdans lembrasure dune fenêtre. On leur donne àmanger une tranche de cheval et un morceau de pain ;ils sendorment sur des chaises, derrière trois rangsdes volontaires de Flourens, chargés de les surveiller,à moitié ivres eux-mêmes et dormant debout.

Et la confusion continue. Il y a maintenant deuxou trois gouvernements, cinq ou six comités. Blanquine veut pas de Flourens. Delescluze ne veut pas dePyat. Une partie des gardes nationaux, que leurspropres acclamations ne nourrissent pas suffisam-ment, vont manger.

Et lHôtel de Ville dessine dans la nuit noire et hu-mide, devant la grande place grouillante, les rangéesde ses fenêtres illuminées, derrière lesquelles passentet repassent des silhouettes de gardes nationaux.

Dorian parlemente toujours. lia recruté Delescluzequ'offusque la popularité de Flourens, Minière quitrouve que son collègue Flourens fait trop dembar-ras, et Blanqui, lequel commence à avoir peur.

Cependant Picard, à peine hors de lHôtel de Ville,était venu au Louvre, il avait trouvé le généialSchmitz décidé à exécuter à la lettre les ordres dugouverneur, et à ne pas bouger.

Il sétait rendu à son ministère, et avait pris sur luidordonner de battre le rappel de la garde nationale